Le Souvenir Francais
Posté le 11.04.2006 par lesouvenirfrancaisdeparigne
Le Souvenir Français de Parigné recherche toutes informations ou documentations concernant les Morts Pour la France de la commune.
Toute personne pouvant aider à l'enrichissement de ce fond documentaire est priée de se rapprocher de la Délégation Communale de Parigné : Didier-Pier FLORENTIN
La Jânaie
35133 Parigné
mail : lesouvenirfrancaisparigne@yahoo.fr
merci
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Posté le 30.03.2006 par lesouvenirfrancaisdeparigne

Alors que l’Histoire se situe à « l’extérieur » de l’événement, et génère une approche conduite du dehors, la Mémoire se place dans l’événement, le remonte en quelque sorte par la transmission du témoignage personnel ou d’un groupe.
La mémoire relève d’une approche sensible, individuelle, presque affective du passé, qui abolit la caractéristique première de l’Histoire « historienne », à savoir la mise à distance imposant au devoir de mémoire un devoir de vérité à tous les techniciens de l’Histoire.
Le témoin éclaire une période, l’historien l’explique.
La mémoire installe le souvenir dans le sacré et contribue à souder une solidarité identitaire qui singularise et particularise l’histoire.
L’Histoire est une opération purement technique et intellectuelle, « laïcisante », qui appelle l’analyse et la critique débusquant toujours le sacré pour le relativiser à sa juste réalité.
L’historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n’introduit pas dans les événements d’autrefois la sensibilité d’aujourd’hui.
L’histoire n’est pas la mémoire car cette dernière est souvent partielle, biaisée et même conflictuelle.
L’Histoire est le bien de tous, la mémoire celle de chacun.
Contrevenant au principe qui veut que la loi soit aussi universelle que possible, la prolifération des lois adoptées pour des catégories particulières entraîne la fragmentation de la législation ; de fait, fracture l’esprit de la Nation.
La « compétition » entre catégories mémorielles qui aspirent toutes à faire reconnaître les torts qu’elles ont pu subir par le passé et à obtenir réparation, entraîne la segmentation du corps social et porte en germe un inévitable démembrement humain.
Ce qui crée alors un fractionnement catégoriel de la mémoire collective.
Il n’existe pas d’Histoire sans mémoires, mais il existe des mémoires sans savoir, incandescentes, à fleur de peu, qui se refusent à la distanciation, à la comparaison, à la contextualisation, seules garantes pourtant de leur pérennité.
La commémoration, qui organise le souvenir commun, dans un but politique, est une action tout à fait légitime de l’Etat, d’une région ou d’une commune. S’il y a bien un lien entre mémoire et histoire, les deux démarches obéissent à des exigences différentes.
La mémoire ne donne pas accès à la connaissance, mais à la reconnaissance du témoignage ; elle mobilise le passé dans un projet politique ou civique du présent.
L’histoire, elle, revendique un statut de scientificité utilisant la mémoire comme élément technique.
La « mémoire » a beaucoup changé ; elle est devenue un phénomène quasi religieux qui fait du témoin ou de ses enfants une manière de « prêtre ».
Et les conflits mémoriels sont devenus des guerres de religions…
Nous sommes passés d’une mémoire modeste, qui ne demandait qu’à se faire admettre et reconnaître, à une mémoire prête à s’imposer par tous les moyens, au risque de dénier à la mémoire originelle son témoignage. Il y a une trentaine d’années, la mémoire était un peu d’histoire de ceux qui n’avaient pas eu droit à l’Histoire ; elle était une forme de justice, de libération et de reconnaissance de la souffrance.
Aujourd’hui, la mémoire est dévoyée par des communautarismes répandant l’idée d’un espèce de privilège de celle-ci sur l’histoire, plutôt que prônant l’humanisme universel commun de la construction nationale, en imposant une forme de vérité supérieure.
Si l’on enseigne un événement seulement parce qu’il est un crime contre l’humanité, on amorce alors une spirale dangereuse.
D’abord, parce que si l’on fait de l’enseignement de l’histoire une litanie de crimes contre l’humanité, je ne vois pas comment nos enfants auraient de raisons de s’y intéresser, et les professeurs de l’enseigner.
L’histoire des peuples n’est pas que « bien » ou « mal », mais est une des éléments essentiels de la formation du monde moderne de chacun, hors de toute considération moralisatrice.
De fait, les monuments font le souvenir visible, quoique souvent invisible aux yeux de beaucoup. Cela implique une institutionnalisation de la mémoire, obligatoire et nécessaire. Toute société a besoin pour perdurer de trouver dans le passé des racines, de s’enraciner dans une mémoire collective partagée.
Il y a des lieux de mémoire pour tisser à partir d’eux le tissu de la mémoire collective.
Toutefois, n’est-il pas temps aujourd’hui de substituer au « devoir de mémoire » celui de « travail de mémoire » ?
Lorsqu’un acteur ou un témoin, ancien résistant, ancien déporté ou ancien soldat professionnel ou volontaire, vient dans une classe, ce n’est pas pour faire un cours d’histoire, mais pour témoigner de son expérience.
Les mémoires transmises par les acteurs et leurs associations sont des mémoires patrimoniales transférées à leurs descendants comme témoignages.
Il faut montrer les « zones grises » évoquées par Primo Lévi ; il faut faire sentir aux élèves la banalité du mal (par exemple, Eichman surtout préoccupé de faire arriver à l’heure les convois de déportés) pour en faire ressortir une finalité d’expériences et un travail civique.
La défense des valeurs démocratiques des Droits de l’Homme passe par un travail de mémoire collectif, utilisant les témoins et leurs mémoires pour aboutir à un travail d’histoire.
Le témoin éclaire une période, l’historien l’explique. Car le témoin doit continuer à rendre compte pour que l’œuvre pédagogique se perpétue.
Lorsque le témoin intervient dans une école, n’étant pas historien, c’est une approche partielle, personnelle et vivante qu’il apporte, témoignant ainsi pour le futur, pour le respect et la dignité de toutes les femmes et les hommes, quelles que soient leurs origines, leurs cultures et leurs croyances religieuses.
La mémoire n’est pas le passé comme l’histoire écrite sur les pierres ou dans les livres car c’est alors le souvenir, mort, figé, comme le sont les tombes et les monuments de ceux morts.
La mémoire, c’est autre chose, elle est vivante, elle est l’avenir en marche, elle est le devenir. Si le passé appartient à ceux qui l’ont vécu, la mémoire ne peut être confisquée par tel ou tel groupe humain, aussi légitime soit-il, car elle est universelle.
Soldats de métier, combattants volontaires, résistants, français musulmans engagés dans les forces supplétives, appelés et rappelés du contingent : tous ont connu les mêmes épreuves.
Tous ont lutté pour le même idéal au seul service de la République et des valeurs de la France. Leurs existences ont été marquées pour toujours de leurs souffrances, de leurs privations, de l’épreuve de la guerre.
Beaucoup, de retour en France, qui avaient servi avec honneur, ont porté seuls le poids de ces guerres dont chacun d’eux portait seul les souffrances individuelles, leur laissant de profonds stigmates comme dans notre mémoire nationale.
Notre République doit assumer pleinement son devoir de mémoire. Au-delà des ombres et des lumières, au-delà de la mort et des souffrances, elle doit garder vivante la mémoire de tous ces individus qui ont combattu pour Elle, de tous ceux qui ont été tués ou blessés pour Elle...
[b][i]Fidèle à ses principes et à son histoire, la France se doit d’associer dans un même hommage tous ses enfants, de toutes origines, morts pour Elle.
C’est là le travail du Souvenir Français. [/i][/b]L’année 2006 est celle du centenaire de la reconnaissance d’utilité publique de l’Association du Souvenir Français.
Il est donc l’occasion de travailler avec tous les enfants de France pour un travail de mémoire perpétué.
Il s’agit, comme Délégué Communal de Parigné (35) de proposer de s’engager à faire en sorte que les commémorations patriotiques soient intégrées dans une dynamique pédagogique comme porteuse de sens aux actions d’enseignement/apprentissage en histoire et en éducation citoyenne.
Le devoir/travail de mémoire doit animer chacun d’entre nous pour que demeurent nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, fondements de notre démocratie et de notre culture.
Cette mise en perspective de la mémoire, au cœur de l’Histoire, vise à partager un pan de notre patrimoine par les témoignages des acteurs/témoins de périodes importantes de notre démocratie, aux fins de transmissions aux jeunes générations.
Cette démarche entraîne l’école hors ses murs hiératiques, suscite la rencontre des générations pour comprendre l’importance de toucher à l’histoire grâce à la rencontre avec les passeurs de mémoire.
Ensemble, cultivons l’Esprit de la Mémoire pour vivre en Paix avec tous les peuples et toutes les générations.
[i]Didier-Pier FLORENTIN
Délégué Communal du Souvenir Français de Parigné
Médaillé de la Défense Nationale [/i]
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