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Nom du blog :
lesouvenirfrancaisdeparigne
Description du blog :
honorer la mémoire, entretenir les monuments et transmettre le souvenir de ceux morts pour la France
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
26.03.2006
Dernière mise à jour :
09.05.2007
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LE DEVOIR DE MEMOIRE

Posté le 30.03.2006 par lesouvenirfrancaisdeparigne
Alors que l’Histoire se situe à « l’extérieur » de l’événement, et génère une approche conduite du dehors, la Mémoire se place dans l’événement, le remonte en quelque sorte par la transmission du témoignage personnel ou d’un groupe.

La mémoire relève d’une approche sensible, individuelle, presque affective du passé, qui abolit la caractéristique première de l’Histoire « historienne », à savoir la mise à distance imposant au devoir de mémoire un devoir de vérité à tous les techniciens de l’Histoire.
Le témoin éclaire une période, l’historien l’explique.
La mémoire installe le souvenir dans le sacré et contribue à souder une solidarité identitaire qui singularise et particularise l’histoire.
L’Histoire est une opération purement technique et intellectuelle, « laïcisante », qui appelle l’analyse et la critique débusquant toujours le sacré pour le relativiser à sa juste réalité.
L’historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n’introduit pas dans les événements d’autrefois la sensibilité d’aujourd’hui.
L’histoire n’est pas la mémoire car cette dernière est souvent partielle, biaisée et même conflictuelle.
L’Histoire est le bien de tous, la mémoire celle de chacun.

Contrevenant au principe qui veut que la loi soit aussi universelle que possible, la prolifération des lois adoptées pour des catégories particulières entraîne la fragmentation de la législation ; de fait, fracture l’esprit de la Nation.

La « compétition » entre catégories mémorielles qui aspirent toutes à faire reconnaître les torts qu’elles ont pu subir par le passé et à obtenir réparation, entraîne la segmentation du corps social et porte en germe un inévitable démembrement humain.
Ce qui crée alors un fractionnement catégoriel de la mémoire collective.
Il n’existe pas d’Histoire sans mémoires, mais il existe des mémoires sans savoir, incandescentes, à fleur de peu, qui se refusent à la distanciation, à la comparaison, à la contextualisation, seules garantes pourtant de leur pérennité.

La commémoration, qui organise le souvenir commun, dans un but politique, est une action tout à fait légitime de l’Etat, d’une région ou d’une commune. S’il y a bien un lien entre mémoire et histoire, les deux démarches obéissent à des exigences différentes.
La mémoire ne donne pas accès à la connaissance, mais à la reconnaissance du témoignage ; elle mobilise le passé dans un projet politique ou civique du présent.
L’histoire, elle, revendique un statut de scientificité utilisant la mémoire comme élément technique.
La « mémoire » a beaucoup changé ; elle est devenue un phénomène quasi religieux qui fait du témoin ou de ses enfants une manière de « prêtre ».
Et les conflits mémoriels sont devenus des guerres de religions…

Nous sommes passés d’une mémoire modeste, qui ne demandait qu’à se faire admettre et reconnaître, à une mémoire prête à s’imposer par tous les moyens, au risque de dénier à la mémoire originelle son témoignage. Il y a une trentaine d’années, la mémoire était un peu d’histoire de ceux qui n’avaient pas eu droit à l’Histoire ; elle était une forme de justice, de libération et de reconnaissance de la souffrance.

Aujourd’hui, la mémoire est dévoyée par des communautarismes répandant l’idée d’un espèce de privilège de celle-ci sur l’histoire, plutôt que prônant l’humanisme universel commun de la construction nationale, en imposant une forme de vérité supérieure.
Si l’on enseigne un événement seulement parce qu’il est un crime contre l’humanité, on amorce alors une spirale dangereuse.
D’abord, parce que si l’on fait de l’enseignement de l’histoire une litanie de crimes contre l’humanité, je ne vois pas comment nos enfants auraient de raisons de s’y intéresser, et les professeurs de l’enseigner.
L’histoire des peuples n’est pas que « bien » ou « mal », mais est une des éléments essentiels de la formation du monde moderne de chacun, hors de toute considération moralisatrice.

De fait, les monuments font le souvenir visible, quoique souvent invisible aux yeux de beaucoup. Cela implique une institutionnalisation de la mémoire, obligatoire et nécessaire. Toute société a besoin pour perdurer de trouver dans le passé des racines, de s’enraciner dans une mémoire collective partagée.
Il y a des lieux de mémoire pour tisser à partir d’eux le tissu de la mémoire collective.
Toutefois, n’est-il pas temps aujourd’hui de substituer au « devoir de mémoire » celui de « travail de mémoire » ?
Lorsqu’un acteur ou un témoin, ancien résistant, ancien déporté ou ancien soldat professionnel ou volontaire, vient dans une classe, ce n’est pas pour faire un cours d’histoire, mais pour témoigner de son expérience.
Les mémoires transmises par les acteurs et leurs associations sont des mémoires patrimoniales transférées à leurs descendants comme témoignages.
Il faut montrer les « zones grises » évoquées par Primo Lévi ; il faut faire sentir aux élèves la banalité du mal (par exemple, Eichman surtout préoccupé de faire arriver à l’heure les convois de déportés) pour en faire ressortir une finalité d’expériences et un travail civique.
La défense des valeurs démocratiques des Droits de l’Homme passe par un travail de mémoire collectif, utilisant les témoins et leurs mémoires pour aboutir à un travail d’histoire.
Le témoin éclaire une période, l’historien l’explique. Car le témoin doit continuer à rendre compte pour que l’œuvre pédagogique se perpétue.
Lorsque le témoin intervient dans une école, n’étant pas historien, c’est une approche partielle, personnelle et vivante qu’il apporte, témoignant ainsi pour le futur, pour le respect et la dignité de toutes les femmes et les hommes, quelles que soient leurs origines, leurs cultures et leurs croyances religieuses.
La mémoire n’est pas le passé comme l’histoire écrite sur les pierres ou dans les livres car c’est alors le souvenir, mort, figé, comme le sont les tombes et les monuments de ceux morts.

La mémoire, c’est autre chose, elle est vivante, elle est l’avenir en marche, elle est le devenir. Si le passé appartient à ceux qui l’ont vécu, la mémoire ne peut être confisquée par tel ou tel groupe humain, aussi légitime soit-il, car elle est universelle.
Soldats de métier, combattants volontaires, résistants, français musulmans engagés dans les forces supplétives, appelés et rappelés du contingent : tous ont connu les mêmes épreuves.
Tous ont lutté pour le même idéal au seul service de la République et des valeurs de la France. Leurs existences ont été marquées pour toujours de leurs souffrances, de leurs privations, de l’épreuve de la guerre.
Beaucoup, de retour en France, qui avaient servi avec honneur, ont porté seuls le poids de ces guerres dont chacun d’eux portait seul les souffrances individuelles, leur laissant de profonds stigmates comme dans notre mémoire nationale.

Notre République doit assumer pleinement son devoir de mémoire. Au-delà des ombres et des lumières, au-delà de la mort et des souffrances, elle doit garder vivante la mémoire de tous ces individus qui ont combattu pour Elle, de tous ceux qui ont été tués ou blessés pour Elle...
[b][i]Fidèle à ses principes et à son histoire, la France se doit d’associer dans un même hommage tous ses enfants, de toutes origines, morts pour Elle.

C’est là le travail du Souvenir Français. [/i][/b]L’année 2006 est celle du centenaire de la reconnaissance d’utilité publique de l’Association du Souvenir Français.

Il est donc l’occasion de travailler avec tous les enfants de France pour un travail de mémoire perpétué.
Il s’agit, comme Délégué Communal de Parigné (35) de proposer de s’engager à faire en sorte que les commémorations patriotiques soient intégrées dans une dynamique pédagogique comme porteuse de sens aux actions d’enseignement/apprentissage en histoire et en éducation citoyenne.
Le devoir/travail de mémoire doit animer chacun d’entre nous pour que demeurent nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, fondements de notre démocratie et de notre culture.
Cette mise en perspective de la mémoire, au cœur de l’Histoire, vise à partager un pan de notre patrimoine par les témoignages des acteurs/témoins de périodes importantes de notre démocratie, aux fins de transmissions aux jeunes générations.
Cette démarche entraîne l’école hors ses murs hiératiques, suscite la rencontre des générations pour comprendre l’importance de toucher à l’histoire grâce à la rencontre avec les passeurs de mémoire.

Ensemble, cultivons l’Esprit de la Mémoire pour vivre en Paix avec tous les peuples et toutes les générations.

[i]Didier-Pier FLORENTIN
Délégué Communal du Souvenir Français de Parigné
Médaillé de la Défense Nationale [/i]





--

OBJECTIFS 2006:2007

Posté le 27.03.2006 par lesouvenirfrancaisdeparigne
[i]Le Souvenir Français fête en cette année 2006 le centenaire de sa reconnaissance d'utilité publique ; en 2007, l'association fêtera son cent trentième anniversaire.
Ces deux événements font que plusieurs actions doivent être menées, aussi bien en la commune de Parigné mais également en Pays de Fougères.
C'est pourquoi, une réflexion est menée par la délégation communale de parigné dans la perspective d'organiser une manifestation déclinée en deux temps : d'une part, l'organisation d'un concours des "enfants du souvenir français".
Faire que les commémorations patriotiques soient intégrées dans une dynamique pédagogique, porteuse de sens aux actions d’enseignement/apprentissage de l’histoire et en éducation citoyenne.

Le devoir/travail de mémoire doit animer chacun d’entre nous pour que demeurent nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, fondements de notre démocratie et de notre culture.
Cette mise en perspective de la mémoire, au cœur de l’Histoire, vise à restaurer un pan de notre patrimoine national laissé trop longtemps ou trop souvent en sommeil ; elle entraîne l’école hors ses murs et suscite la rencontre entre générations et expériences de la vie.

La volonté est de faire prendre conscience aux écoliers et à leurs enseignants l’importance de toucher l’histoire grâce à la rencontre avec les témoins de l’Histoire encore vivants et passeurs de la Mémoire.
Cette approche pédagogique, travail mémoriel et apprentissage culturel, prend une dimension particulière à l’aune de ce nouveau siècle encore à écrire .

D'autre part, l'organisation d'un colloque ayant pour thème "le travail de mémoire, message d'espoir en l'avenir", auquel des intervenants d'horizons divers seront conviés afin d'échanger les idées et points de vue, avec le public.
A l'occasion de ce colloque, sera remis les prix aux scolaires et aux établissements ayant participé au concours.
Dans l'absolu, le colloque devrait se tenir la veille des célébrations du 11/11/06, et le concours lancé dès la rentrée scolaire.

Un appel aux bonnes volontés est lancé ici afin de pouvoir permettre ces deux manifestations.

Didier-Pier FLORENTIN
Délégué Communal de Parigné[/i]

travail pédagogique de mémoire

Posté le 27.03.2006 par lesouvenirfrancaisdeparigne
A la suite de ma nomination comme Délégué Communal du Souvenir Français, j’ai souhaité réfléchir à l’orientation que je compte donner à mon mandat, en collaboration avec la municipalité de Parigné(35), avec les Associations d’Anciens Combattants communales et avec la participation de tous les habitants de Parigné.

Je souhaite développer mon action sur deux axes : d’une part, avec les enfants de la commune et, d’autre part, avec tous les habitants, lors des commémorations mais également au travers d’actions de sensibilisation aux expériences de la vie des témoins de moments forts de notre histoire nationale et communale.
« Si comprendre est impossible, connaître est nécessaire parce que ce qui est arrivé peut se reproduire » -Primo LEVI.
En fait, la transmission de l’histoire commune, d’une génération à l’autre, et d’un individu à l’autre, emprunte des chemins si tortueux et aléatoires que l’école et les citoyens ont un rôle à jouer dans la lutte contre l’oubli et le travail de mémoire.
La principale mission du Souvenir Français est de les soutenir dans ce travail de transmission de la mémoire collective.

Commémorer, c’est se souvenir, ensemble.
L’école est un important vecteur de transmission de la mémoire des évènements du passé. Les commémorations y trouvent une valeur particulière, la forme peut en être adaptée à l’âge et au contexte local : commémoration n’est pas uniquement synonyme de cérémonie officielle au monument aux morts…
Tout d’abord parce qu’on peut regarder le passé et commémorer des évènements heureux : une découverte, une avancée sociale, un progrès pour l’humanité…

Dans le cas de la Shoah et des crimes contre l’humanité, des formes ont été inventées dans le cadre de l’école ; l’essentiel étant que les jeunes soient partie prenante et mobilisés autour d’un projet qu’ils peuvent porter, un projet auquel ils sont associés et qui les motive. Ainsi, la pose de plaques commémoratives nécessite un long travail d’enquête et de recherche. Lorsque les jeunes d’une école y sont associés, la pose de ces plaques prend alors une valeur commémorative particulière bien loin du « devoir » de mémoire imposé.

Plus généralement, commémorer, c’est se souvenir. Se souvenir, parce que les jeunes générations ont le droit de savoir ce qui les a précédées : parce que pour les sociétés comme pour les individus, certains silences sont porteurs de germes de mort.

Ensemble, car les commémorations servent de repère et permettent de ressouder les liens entre les femmes et les hommes dans la compassion pour les victimes et dans le souvenir. En cela, elles participent au projet de « vivre ensemble » et constituent une forme d’initiation sociétale et d’intégration sociale.
Depuis la Shoah nous sommes contraints de penser avec d’autres outils intellectuels, de trouver d’autres repères. Les jeunes générations doivent savoir pourquoi. Transmettre, commémorer, éduquer constituent un devoir pour tous les éducateurs.

Eduquer, c’est transmettre et partager des connaissances et des valeurs.
Faire partie de la communauté humaine, c’est aussi avoir reçu la connaissance des expériences passées de l’humanité et avoir intégré les valeurs fondamentales dont la société s’est dotée.
Les guerres et, plus encore, les crimes contre l’humanité ont formé, en quelque sorte, des impasses de l’histoire dans lesquelles les communautés humaines se sont engouffrées au risque de s’y perdre à jamais. Cette mémoire doit être transmise, celle de toutes les batailles, toutes les guerres et tous les crimes qui ont blessé l’humanité - l’esclavage, la « purification ethnique », les déportations et les génocides…-, de génération en génération.
La connaissance de l’histoire, la transmission de la mémoire, les commémorations font partie intégrante de la démarche éducative, de l’éducation à la citoyenneté.

Eduquer à la citoyenneté, c’est aussi transmettre qu’il n’y a pas de petite blague « raciste » sans conséquence, pas de petite humiliation, pas de discrimination sans importance, pas de communautarisation sans conséquence… parce qu’il faut « se garder obstinément du plus petit acte… qui nous placerait au commencement du long chemin qui conduit inexorablement à Auschwitz », au Rwanda et en ex-Yougoslavie.

Prévenir. La connaissance des évènements qui ont constitué le passé et la transmission de la mémoire éclairent les enjeux du présent : nous savons, parce que l’humanité a déjà « basculé », qu’elle peut à nouveau le faire. Le futur est en germes dans le présent.

Il est nécessaire de prévenir car ce qui s’est produit peut se reproduire, et sous une certaine forme, s’est déjà reproduit. Commémorer, éduquer, prévenir… Il y va de l’avenir car « ceux qui ignorent le passé sont condamnés à le répéter ».

C’est pourquoi je sollicite toutes les bonnes volontés pour aider le Souvenir Français à soutenir son travail de mémoire pédagogique auprès des jeunes scolaires de la commune, et auprès de la population parignéenne.


Je reste à la disposition de chacun pour en discuter et envisager les modalités de se travail mémoriel déjà dans la perspective de la célébration du 08 mai mais également dans un échange plus large pour le 11 novembre prochain.

Didier-Pier FLORENTIN
Délégué Communal de Parigné
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